L’accroissement du marché des substances illicites peut semer de l’inquiétude chez les parents d’adolescent.e.s. Afin de comprendre l’intérêt que ces derniers ont pour la recherche d’expériences audacieuses, voire dangereuses, en lien avec l’utilisation de substances, il est pertinent de se pencher sur les aspects de la consommation.
C’est notamment la loi de l’effet qui influera l’expérience de consommation des jeunes. Ce concept est constitué de quatre facteurs qui, combinés ensemble, susciteront l’expérience. Ceux-ci sont le milieu social, le contexte d’usage, la substance et le profil du consommateur.
Le milieu de vie social et familial dans lequel le jeune a grandi influence grandement son expérience de consommation. En effet, au sein de nombreuses sociétés, la production, la vente et l’usage de substances psychoactives sont des actions considérées illégales. Ce facteur influence le niveau d’accessibilité des produits illicites sur le marché.
Les parents peuvent être, par exemple, très permissifs, ou à l’inverse, stricts et méprisants. Ce type de réactions et de cognitions face à la consommation de substances provoque différents ressentis chez le jeune, dépendamment de son tempérament, de sa personnalité et de ses intérêts. Il pourrait être méfiant, effrayé, dégoûté, ou inversement très curieux et ambitieux.
Enfin, la religion et la culture dans lesquelles a grandi le jeune impactent aussi son rapport aux drogues. La souplesse et la tolérance varient énormément d’une société à l’autre.
De nombreux facteurs définiront le contexte d’usage dans lequel le jeune consommera une substance. L’un d’eux est le motif de consommation. Il existe de nombreuses raisons de consommer. Ça peut être de façon récréative, médicale, spirituelle, thérapeutique ou de performance (pour exceller dans un sport ou une création artistique, par exemple).
Chez les jeunes, on observe que l’usage se fait plutôt de manière récréative, poussés par la curiosité, l’influence et/ou le désir d’expérimenter. Cela joue également un rôle sur l’ambiance du contexte d’usage. Si la personne est tendue, stressée et sous pression, l’expérience sera sûrement moins incroyable que ce à quoi elle s’attendait.
Au moment venu, l’atmosphère peut être grandement teintée par les lieux de consommation. En effet, l’usage peut être plus décevant, voire plus dangereux, s’il s’effectue dans un endroit inapproprié, insalubre ou inconfortable.
Certaines catégories de substances sont plus connues et consommées chez les jeunes, notamment les dépresseurs (alcool, GHB, etc.), les stimulants (caféine, nicotine, cocaïne, etc.) et les perturbateurs (cannabis, ecstasy, etc.). Ces catégories de drogues provoquent des effets distinctifs qui impactent différemment les usagers. Certains peuvent être désirés, d’autres seront déplaisants.
Parmi les effets escomptés, on retrouve, l’euphorie, une baisse de l’anxiété, un bien-être qui apaise une douleur physique ou psychologique, une hausse d’estime de soi, de l’énergie, des rapprochements humains, la sociabilité et autres.
Cependant, de nombreux effets secondaires sont importuns et risqués. On parle notamment de vomissement, de l’instabilité du rythme cardiaque, de la transpiration, des trous de mémoire, des troubles d’apprentissage, des facultés motrices affaiblies, du jugement altéré et autres.
Outre les conséquences associées aux effets secondaires, il est important de prendre en compte les risques engendrés par le dosage/concentration et le mélange de substances. En effet, une trop grande concentration de drogue peut accentuer les effets indésirés et, dans le pire des cas, causer une surdose. Un amalgame de différentes substances (ex. : mélanger alcool et autre drogue) augmentera également la dangerosité de la consommation.
Le dernier facteur qui influence l’expérience de consommation est le profil du consommateur. D’abord, l’âge, la taille et le poids du jeune détermineront les effets qu’il ressentira. En effet, puisque le profil physiologique varie d’une personne à l’autre, un même dosage peut entraîner des répercussions différentes sur chaque personne.
La condition physique et mentale du consommateur importe sur la prise de substance, car un jeune qui a une prédisposition génétique à développer un trouble de santé ou qui en possède un pourrait aggraver, voire détériorer sa situation et/ou augmenter ses risques de psychose.
Effectivement, si le jeune est anxieux, par exemple, il risque d’être davantage enclin à vivre une expérience négative, puisque son anxiété pourrait se décupler. À l’inverse, un jeune impulsif pourrait consommer une substance en trop grande quantité ou dans des conditions défavorables.
Enfin, les expériences antérieures du consommateur jouent un rôle sur sa consommation actuelle. S'il a eu de bonnes expérimentations, il risque d’être moins craintif et plus jovial à l’idée de reconsommer. S’il y a de mauvais souvenirs associés à la drogue, il risque de revivre une expérience désagréable en consommant.
L’intérêt qu’ont les jeunes envers la consommation de substances illicites est considérable : ceux-ci peuvent être tentés ou repoussés par ce type d’expérience. C’est pourquoi il est important de bien connaître la loi de l’effet! Cela permet de mieux comprendre leur attirance et leur curiosité face à la consommation. Ainsi, il est préférable de demeurer à l’affut de la tentation des jeunes afin de les outiller adéquatement et de maintenir un lien de confiance avec ceux-ci.